Psychanalyse jungienne

Le travail psychanalytique ou psychothérapeutique, d'orientation jungienne, vise, au delà de sa dimension thérapeutique, à favoriser le processus d’individualisation puis d’individuation, Ce processus consiste à « advenir à soi-même », dans la constitution d’une relation entre le moi et le soi, à la faveur d'une dialectisation du conscient et de l'inconscient.

Combien de temps pour un accompagnement ?

La psychanalyse fait partie des thérapies verbales et relationnelles, dites longues. 

Il ne m’est pas possible de préciser la longueur du travail parce qu’il varie pour chaque personne. Toutefois l’analyse comprend une phase initiale, une phase de développement et une phase de terminaison qui s’étendent sur quelques années. 

Les spécificités de la psychanalyse jungienne

Tout un chacun peut aborder par la lecture l’œuvre de Carl Gustav Jung. Pour autant, lire ou s'engager dans un travail analytique ne constituent pas du tout la même expérience.  

Au fondement de la psychanalyse d'orientation jungienne - nommée historiquement "psychologie analytique" -, se trouve l'hypothèse que l’inconscient est premier par rapport à au conscient : la conscience se développe peu à peu dans les premiers temps de la vie sous forme d’îlots de conscience qui se relient progressivement, pour constituer le champ de conscience, dont le centre est le moi, pour partie conscient et pour partie inconscient.

Les rêves, émanant de la vie inconsciente, constituent un matériau particulièrement utile dans le travail analytique jungien. La confrontation avec les rêves, dans la relation avec l’analyste, offre des possibilités précieuses de prises de conscience, d’élucidation de situations actuelles ou passées. Pour autant, le travail thérapeutique et analytique ne se limite pas au rêve, bien entendu.

CG Jung, dans la démarche scientifique qui systématiquement part de l’expérience, pour se diriger  vers la théorie, propose l’hypothèse d’un organisateur psychique inné - le soi -, qui contient virtuellement tous les possibles du déploiement de la vie psychique, dont certains s’actualisent et d’autres non, tout au long de la vie.

Comment devient-on psychanalyste ?

Les psychanalystes sont le plus souvent d’abord psychologues ou psychiatres, avant de se spécialiser en psychanalyse. Mais surtout, ils doivent avoir été, souvent au moins deux fois, en psychanalyse pour eux-mêmes :

  • La première analyse, pour effectuer un travail personnel thérapeutique, exploratoire tout autant.
  •  La deuxième analyse revêt, au delà de sa dimension thérapeutique toujours présente, un but didactique et nous nous adressons pour cette deuxième analyse,  à un ou une psychanalyste dont l’orientation théorique correspond à celle que nous avons l’intention de développer dans notre propre pratique.  


La connaissance théorique du fonctionnement psychique et de la psychopathologie s’acquiert quant à elle essentiellement durant un parcours universitaire, en psychologie clinique et pathologique,  pour ce qui me concerne.


La pratique de la psychanalyse ne s’apprend pas à l’université. Elle se transmet dans l’expérience vécue, tout particulièrement au cours de la deuxième tranche d’analyse.


Une double analyse personnelle est nécessaire mais pas suffisante. Un travail de supervision s’impose, avec des collègues expérimentés, puis d’intervision/co-vision, avec des pairs, en ateliers cliniques pour ce qui me concerne.


Devenir psychanalyste demande au minimum une quinzaine d’années. 

C’est un processus qui pour rester vivant nécessite d’être entretenu tout au long de la vie professionnelle. 

Psychanalyse ou psychothérapie?

Dans la pratique, psychothérapie et psychanalyse se recouvrent en partie. 

Par exemple, une personne arrivée avec une demande de psychothérapie, au cours d’une séance peut se laisser surprendre par sa vie intérieure, qu’elle explore alors au delà de ce qu’elle avait imaginé faire. 

Inversement, quelqu’un d’autre, venu avec un désir ou une nécessité intérieure de se connaître mieux, a parfois besoin d’un soutien et d’un échange psychothérapeutique, dans le fil de son cheminement analytique.

S'il est globalement question de se connaître mieux, de devenir davantage soi-même au plus près de ce qui nous anime, cela n'est pas contradictoire avec l'urgence de se sentir mieux, de se dégager d'une souffrance, de l'infiltration de trop d'angoisse dans la vie ou de répétitions parfois clairement perçues, mais qui demeurent.